Alban Couturier

Alban Couturier

Alban Couturier est photographe culinaire, un talent d’exception, une mise en bouche cristallisée, sublimée, éclairée.

Quand la photographie s’invite à table, ou met en avant la poésie du goût avec les yeux…

L’art prend ici une dimension qui émerveille les papilles, fait pétiller notre esprit, incite à s’extasier, s’exclamer et précise ou précipite nos envies de dégustations !

Son travail : un regard photographique en gardant toujours les yeux ouverts pour continuer d’apprendre.

Alban Couturier est un homme humble, qui connaît la rectitude, le sens de la parole donnée; et, surtout un homme formidable et réellement incroyable !

Je vous laisse vous imprégner des réponses de Alban Couturier…



Petit texte descriptif :

Je suis né en 1964, belle année dans le bordeaux, bon millésime.
Je suis autodidacte, préférant apprendre sur le terrain les mille et une facettes de mon futur métier plutôt que de choisir la voie classique d’une éventuelle école.
Autodidacte, je me suis fait tout seul. Apprenant et glanant au fil des rencontres, des informations, acceptant la critique, toujours persuadé que c’est la critique qui fait grandir.
Le compliment ne fait que nous conforter dans un éventuel confort. J’ai expérimenté différents types de photographie avant de trouver mon chemin.
Je fus photographe d’objet d’art, notamment pour le musée Marmottan, puis photographe industriel, notamment pour Gaz de France et quelques belles réalisations pour un fournisseur du CNES.
Ce fut mes belles années argentiques, ou je trainais ma chambre 4X5  » du terrain au studio. Quelques belles réalisations de catalogue pour la grande distribution, inintéressant mais payant…
Courant 2005, c’est l’avènement du numérique Pro, compliqué de réapprendre son métier lorsqu’on travaille déjà depuis 10 ans. J’ai la chance de croiser la route de Vente-privée, ils me sélectionnent pour réaliser un peu de culinaire, le vin, des catalogues de vaisselle, à la tonne. J’y apprends le maniement et la complexité de l’image numérique, ses pièges et sa facilité d’utilisation. Bref je me rode. Je sors de cette expérience rincé mais grandis par une très belle expérience de l’outil numérique. Parallèlement ma fille vient de naître et je réalise mes premiers portraits. Moi qui, jusqu’à présent avait fuit l’humain…
Je me lance à corps perdu dans l’aventure culinaire, je pousse des portes, je croise des chefs. Le premier à me faire confiance et à qui je dois beaucoup c’est mon inestimable ami François Perret, chef Pâtissier aujourd’hui du Ritz. Il fut l’un des premiers à me faire confiance, à m’ouvrir les portes du petit monde gastronomique. Aujourd’hui, de belles maisons me font confiance, je partage avec quelques chefs le culte du beau.

1) Comment, qui, quoi a déclenché ton envie de t’exprimer à travers la photographie ?

À 20 ans, j’ai eu l’impression, le sentiment étrange d’être sur une voie de garage. Je voulais faire plus jeune l’école hôtelière, mes parents m’avaient répondu passe ton bac et au final je fus cancre.
Très mauvais choix. Mon père m’offrit peu de temps avant sa disparition; un boitier reflex, me précisant un jour entre 4 yeux, que tout le monde trouve un jour sa voie… ce fut le déclic !

Alban Couturier

2) Comment se déroule une séance photo d’art culinaire ? (équipe, mise en place…)

Il existe une multitude de possibilité, couramment, je me déplace directement dans la cuisine du chef, c’est plus commode pour lui, il aura tout sous la main, je ferais en sorte de m’adapter à ses contraintes. Je déplace beaucoup de matériel et je crée sur place un environnement favorable pour poser ma lumière de façon adéquat pour mettre en avant les qualités gustatives et graphiques de sa création. La plupart du temps, je connais le chef et nous avons eu le temps de briser la glace. Mais avant toute prise de vue, je me renseigne sur le chef, pour connaitre son parcours, ses inspirations, pour rapidement être en symbiose avec son travail.
Quand j’ai besoin, je loue un studio, souvent équipé d’un espace culinaire, afin d’être paré à toute éventualité. Et je forme mon équipe, souvent des fidèles, mon assistant, ma styliste.

3) L’inspiration, la mise en scène se déclenchent-elles en voyant le(s) produit(s), ou y songes tu en amont ?

La mise en scène, c’est souvent une inspiration soudaine, dernièrement, j’ai trouvé intéressant de reprendre les éléments phares de la recette pour constituer le fond de mon image. Ainsi, il s’agissait d’une langoustine rôtie et sa raviole de blette, et j’ai utilisé des feuilles de blette crue pour constituer le support de mon image. Au final, j’ai obtenu une belle image graphique et gourmande. C’est le challenge de la prise de vue qui génère l’inspiration créatrice !

Alban Couturier

4) Quelle est ta préférence pour les clichés : le noir et blanc, la couleur, les deux, et pourquoi ?

Je n’ai pas de réelle préférence. Pour le culinaire c’est sans aucun doute la couleur, les produits, la gourmandise, l’éclat de la composition se prête plus facilement au scintillement des couleurs. Pour les portraits, c’est devant mon ordinateur, quand, je développe mes fichiers numériques, que je me laisse le temps de la réflexion. Aujourd’hui rien n’est réellement figé. Un fichier raw produira aussi bien une image couleur qu’une noir et blanc. Auparavant, à l’époque de l’argentique, il fallait savoir avant d’avoir commencé son shooting. Je me souviens d’un reportage en Asie du sud est, devant un paysage époustouflant, hésiter quelques instants entre pellicule N&B ou couleur, nous étions alors coincé pour 36 vues…

5) La photo et les cinq sens : que cela évoque t-il pour toi ?

Je n’envisage pas la photo comme un sens mais plutôt comme une écriture. Je suis incapable d’allonger trois mots convenablement alors qu’il m’est ou qu’il me sera plus aisé de réaliser l’image adéquate. Faut il une longue phrase pour exprimer dans une seule image, joie, tristesse, bonheur, plaisir, sourire, gourmandise, délicatesse etc.

6) Est-ce que cette aventure a généré des rencontres, des anecdotes, des amitiés… ?

Mon métier est un métier de rencontre. Je fus pendant des années un photographe de studio, je ne voyais personne à longueur de journée, ayant pour seul compagnie, mes appareils et mes flashes. Aujourd’hui je me ballade de cuisine en cuisine, je rencontre des passionnés, des chefs qui ne comptent jamais ni leurs temps ni les heures. Des hommes et femmes qui se sacrifient pour le plaisir du palais. Mes chefs sont souvent des amis. Je crée avec eux une complicité, on se perd, on se retrouve, avec notre complicité intacte !

7) Peux-tu te décrire en 3 adjectifs ? Quelle est ta couleur préférée et pourquoi ?

Droit et rigoureux comme le fil à plomb… Attentif, curieux : zut ça fait 4…

Le bleu, couleur de l’eau, couleur de la vie, ne nomme t on pas la Terre comme la planète bleue



8) Quelles sont tes passions ? Quel est le moteur de ta vie ?

Ma passion : la cuisine, mon moteur : la curiosité.

9) Quel autre métier aurais tu aimé exercer si tu n’avais pas été photographe ?

Chef de cuisine

10) Quelle(s) question(s) veux-tu poser aux lecteurs/lectrices de ce blog ?

Pas de question mais un conseil : garder éternellement les yeux ouverts, tournés vers les autres, resté curieux de tout. Nourrissez vous des différences.

Alban Couturier

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