Arnaud Ramsay

Arnaud Ramsay

L’admiration entière et sincère que je porte à Arnaud Ramsay, journaliste et écrivain, est toujours restée intacte, sa pertinence, sa culture sportive, sa finesse d’esprit, ses interventions d’une justesse absolue, sa qualité d’expression… Il émane de cet homme une gentillesse qui me semblait en totale adéquation avec ma demande afin de participer à mon blog.

En effet, le fait que Arnaud Ramsay écrive un livre intitulé : « Dmitry Rybolovlev Le roman russe du Président de l’AS Monaco » qui sortira le 2 Février 2017 aux éditions « Le Cherche Midi » fut l’élément déclencheur : cela a motivé et conforté mon envie légitime de faire son portrait !

Arnaud Ramsay Dmitry Rybolovlev le roman russe du Président de l'AS Monaco

…Petite confidence, je suis une vraie fan…

Je vous laisse vous imprégner des réponses de Arnaud Ramsay…



Petit texte descriptif :

L’exercice introspectif est toujours délicat. C’est d’ailleurs pourquoi j’écris des livres sur des personnalités du sport : pour ne pas avoir à parler de moi ! Disons, puisque c’est votre question, que je suis un passionné, curieux des autres et du monde qui m’entoure, avide de toujours apprendre. Je suis à cet égard une éponge. Ironique mais, au fond, bienveillant.

Timide mais déterminé. Je ne suis pas jaloux du talent des autres, au contraire même. Je me sens viscéralement journaliste, le plus beau métier du monde, qui permet d’avoir plusieurs existences en une. Pour le reste, j’aime les plaisirs simples, comme emmener ma fille en scooter à l’école, être en famille, lire, écrire, regarder un film, bien manger ou voyager. 

1) Comment, qui ou quoi a suscité votre vocation ?

A 13 ans, on imagine son futur. En général, on se voit astronaute, médecin, Président de la République, pilote d’avion, médecin ou avocat. Pas moi. A 13 ans, un copain m’a demandé de l’aider à vendre dans les immeubles voisins, à Boulogne-Billancourt, le journal qu’il réalisait avec des élèves de sa classe. A ma grande surprise, j’en ai vendu quelques-uns et l’accueil s’est révélé très sympa. Le déclic date de là. Le soir même, j’ai réalisé ma première nuit blanche en imaginant un journal de A à Z, que modestement je pensais appeler Le Monde. On m’a dit que ça existait déjà ! Mon père corrigeait les fautes d’orthographe et mère retapait mes textes manuscrits à la machine à écrire (quand j’ai eu la mienne, ce fut le plus beau des cadeaux) et photocopiait le tout à son bureau (il y a prescription maintenant). Ainsi est né La Belle Feuille, le rue où j’habitais. Un magazine d’une vingtaine de pages, avec du sport, des sondages, des recettes, des dossiers, des poèmes, des entretiens, etc. Mon frère, de trois ans mon cadet, m’a aidé à faire le tour des immeubles. Je me suis occupé, seul, de mon petit journal de 13 à 20 ans. Le bimestriel La Belle Feuille est devenu le mensuel Pyramide (car c’était pointu et aussi une référence à tous les Ramsès II entendus à l’école). J’y ai fait de formidables rencontres, obtenu des dizaines et dizaines d’interviews, de journalistes, de sportifs, de comédiens, d’écrivains ou de chanteurs, des dessins originaux de grandes signatures. Habitant pas très loin du Parc des Princes, j’ai eu la chance d’interroger ceux que j’applaudissais sur la pelouse, Dominique Rocheteau, Joël Bats, Safet Susic et tant d’autres. A l’époque, il y avait même le Matra Racing, ce qui doublait les doses d’entretien, avec Max Bossis, Thierry Tusseau ou Luis Fernandez ! J’ai compté parmi mes abonnés Alain Chabat et Frédéric Dard, pu obtenir très jeune des stages dans la presse écrite ou à la télévision. Je n’ai jamais dévié de mon envie d’être journaliste. J’ai commencé à faire mes premières piges à 18 ans, en proposant des interviews, tout en étant à l’Ecole Supérieure de Journalisme avant d’effectuer mon service national à Terre Magazine. A 20 ans, j’ai également commencé à faire des relectures tous les dimanches à France Football, relisant les papiers des correspondants étrangers envoyés par fax !

2) Quel est votre plus grand souvenir journalistique ?

Ils sont très nombreux. Mais j’ai une tendresse pour une interview de Nicolas Hulot effectuée au sommet de la Tour Eiffel. Il animait Ushuaïa, sur TF1, et avait passé la journée à escalader le monument avec des indiens de la tribu des Mohawks, ceux-là mêmes perchés dans les gratte-ciel de Manhattan pour souder des poutres d’acier si haut… Je n’étais pas encore majeur mais j’avais tellement insisté auprès de l’attachée de presse de Nicolas Hulot pour le rencontrer pour mon journal Pyramide qu’elle m’a finalement autorisé à le suivre toute la journée. J’ai également été marqué par une interview du navigateur néo-zélandais Peter Blake. Pour le magazine Optimum, j’avais été invité à Auckland, ville fantastique, à assister à la Coupe Louis Vuitton, préambule de la Coupe de l’America. Blake m’avait reçu sur son bateau. Un géant, pas seulement par la taille. Il avait un charisme fou et une modestie non feinte. C’était en 1999 je crois. Blake avait remporté deux fois la Coupe de l’America à bord du Team New Zealand, avait été anobli par la reine Elizabeth II et remporté toutes les épreuves du globe dont le Trophée Jules-Verne avec un tour du monde en 74 jours. Il sera assassiné en 2001 lors de l’attaque de son bateau par des pirates, en Amazonie. Ecologiste convaincu, il avait 53 ans et participait à une expédition scientifique. Il avait créé sa propre organisation, avec le soutien des Nations Unies. Sa tragique disparition m’avait choqué.

3) Pouvez-vous vous décrire en 3 adjectifs ?

Combatif, instinctif, fidèle.

4) Quels autres domaines vous passionnent ?

Le cinéma, tous les cinémas, la littérature, toutes les littératures, les voyages, la gastronomie, l’humour sous toutes ses formes. Et j’adore lire le journal le matin au comptoir.

5) Hormis le foot, quels autres sports ont votre prédilection ?

J’ai pratiqué longtemps en club le basket. J’aime aussi joué au tennis – mon frère, qui habite près de Marseille, est classé 3/6 – et plus jeune, j’ai passé quelques années sur les tatamis et dans les piscines. Pour avoir écrit les autobiographies de Mourad Boudjellal et de Mathieu Bastareaud, je me suis aussi mis au rugby, mais juste devant la télévision ou au stade !

6) Qui admirez-vous ?

La liste est longue, de James Ellroy à Barack Obama, de Michaël Jordan à Martin Scorsese. Dans mon bureau, où je passe l’essentiel de mes journées, je ne peux pas m’empêcher de me tourner, outre des photos de famille, vers les deux personnages qui y figurent sous cadre : le génial Alfred hitchcock et Mohammed Ali, avec la fameuse photo de Neil Leifer où il met KO Sonny Liston.

7) Qu’est-ce-qui a motivé le fait que vous écriviez un livre sur le président du club de la Principauté ?

Le football permet de rencontrer des personnages d’horizons très divers. Dmitry Rybolvlev en fait partie. Lorsqu’il a pris la présidence de Monaco en 2011, alors que le club était dernier de Ligue 2, je n’en avais jamais entendu parler ou presque. Puis, exposition du foot oblige, on en a su un peu plus sur lui, même s’il déteste parler de lui. Il est aussi discret que son compatriote Roman Abramovitch propriétaire de Chelsea et que seuls quelques mois séparent. Je trouvais intéressante la trajectoire de ce milliardaire russe, ex-étudiant en médecine grandi pas loin de la Sibérie, qui a fait de la prison, fortune dans le potassium, acheté deux milliards d’euros de tableaux ou la maison de Donald Trump en Floride, sans parler, pour revenir au terrain du recrutement de Falcao, Moutinho, James Rodriguez, Abidal, Toulalan, Claudio Ranieri and co. J’avais envie d’en savoir davantage et j’ai essayé au fil des rendez-vous avec son entourage de percer le mystère. Au total, j’ai interrogé une soixantaine de personnes, de Jean-Michel Aulas à Emmanuel Petit, de Vadim Vasilyev à Jean-Louis Campora. Surtout, j’ai eu le privilège rare d’interroger pendant plus de trois heures Rybolovlev sur son yacht au large de Skorpios, en Grèce. L’île de Skorpios, où Aristote Onassis s’est marié avec Jackie Kennedy, qu’il a achetée pour sa fille.



8) Qu’auriez-vous fait si vous n’aviez pas occupé cette fonction ?

Je n’aime pas trop le mot de fonction. Métier, je trouve ça plus noble, ça renvoie à une forme d’artisanat. J’ai la chance – je considère cela comme une chance – de savoir très jeune ce qui allait m’animer. Je n’avais pas de plan B ! Mais, à défaut, je me serai bien vu libraire. J’adore ce métier de passion, de transmission et de curiosité. Je suis d’ailleurs un peu libraire…

Avec une poignée d’amis, dont beaucoup sont journalistes, nous sommes actionnaires d’un bel établissement du XVe arrondissement, L’Ecailler, qui se trouve rue du Théâtre.

9) Quel événement sportif a foncièrement fait palpiter votre cœur ?

Le sport, ce sont les émotions. Des images, aussi. Comme (télé)spectateur, là comme ça, je dirais Zacharie Noah esquivant le service de sécurité pour sauter dans les bras de son fils Yannick vainqueur de Rolland Garros et toujours dernier lauréat français, la joie d’Alain Giresse quand il marque contre la RFA au Mondial 1982, les paniers décisifs de Michael Jordan et le génie des Chicago Bulls que je regardais la nuit, les KO de Mike Tyson, le France-Brésil de 1986 à Guadalajara, la tête d’Antoine Kombouaré avec le PSG contre le Real Madrid (j’y étais, je n’oublierai pas la sensation de bonheur qui a animé le stade), la mort d’Ayrton Senna, etc. Journaliste, j’ai eu la chance de couvrir de nombreux événements, des mondiaux de basket au Japon à la coupe du monde de football en Afrique du Sud. Mais celui qui m’a le plus bluffé, outre la maîtrise totale des Bleus lors de l’Euro 2000, a été Zidane lors du France-Brésil au Mondial 2006. Je ne l’ai pas quitté d’une semelle depuis les tribunes : c’était prodigieux.

10) Quelle question souhaitez-vous poser aux lectrices/lecteurs de ce blog ?

Qu’est-ce qu’une vie réussie ? Vous avez deux heures…

 

https://www.cherche-midi.com/livres/dmitry-rybolovev-et-l-aventure-de-l-monaco

Compte Twitter officiel

http://www.librairielecailler.fr/


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2 réponses sur “Arnaud Ramsay”

  1. Comment dire ??
    C’est juste excellent cet interview !!
    10 questions, c’est finalement peu mais les réponses sont tellement complètes que l’on peut s’en satisfaire…
    La question que moi je me pose après avoir lu ceci, c’est : Comment vais je me désintoxiquer de ce blog ?? lol

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