Florian Jouanny

Photo de Florian Jouanny - A qui mieux mieux

Ce que je vois en premier chez Florian Jouanny, c’est son sourire !

Un sourire qui communique sa force, sa volonté, sa vitalité et son optimisme, un sourire croyez-moi absolument majeur, prépondérant !!!

Florian Jouanny est un athlète phénoménal, le premier européen tétraplégique à avoir terminé un Ironman triathlon (3,8 km de natation, 180 km de vélo et un marathon) : un caractère, une personnalité, un cocktail de motivation avec de l’humour, de l’intelligence, de la persévérance et le feu sacré !!!

Mon coup de cœur sportif 2017 lui revient de manière légitime sans tergiverser, ce que je lui porte est bien au-delà de l’admiration parce qu’en plus, ce jeune homme porte très haut la flamme de l’humilité…

Florian Jouanny c’est un paysage menant le regard très loin par monts et par vaux, aux couleurs de l’espoir et de la confiance, soudain un aigle s’envole comme un totem protecteur dans les courants chauds de notre astre solaire, au son des tambours de la ténacité…

Je vous laisse vous imprégner des réponses de Florian Jouanny…



Je m’appelle Florian Jouanny, j’ai 25 ans. J’ai passé une enfance heureuse à Bourg d’Oisans, petite ville entourée de montagne au cœur des Alpes. Depuis mon plus jeune âge, j’ai pratiqué bon nombre de sports comme le ski, le vélo, ou encore la boxe française. 

Passionné de ski, je pratiquais le freeride et le freestyle, la première discipline consiste à skier en dehors des sentiers battus, rechercher des espaces encore vierges pour y tracer sa propre ligne; le freestyle se pratique généralement dans des snowparks, le but est de réaliser des figures. Jusqu’au 2 avril 2011 où; victime d’un accident sur un big air (module de neige où on effectue des figures) je suis devenu tétraplégique C6-C7. S’en est suivi plus d’un an de rééducation en parallèle de quelques heures de cours pour passer le bac et continuer les études.

J’ai ensuite fait un DUT mesures physiques à Grenoble puis une licence professionnelle Métiers de l’industrie, conception et amélioration de processus et procédés industriels, contrôle, métrologie, management de la qualité. Tout cela en continuant le sport, handbike et triathlon.

1) Qui, quoi, comment t’a donné envie de faire un triathlon distance Ironman ?

Déjà avant mon accident, j’avais une certaine forme d’admiration pour les gens qui s’alignent sur ce genre d’épreuve. J’avais songé à m’y mettre mais l’idée de nager 3,8 km et surtout de passer beaucoup d’heures en piscine avant, me stoppait net dans mon élan.

Quelques mois après mon accident, deux ans environ; alors que je commençais à prendre goût aux longues sorties de handbike; un jour en parlant sport avec des copains, nous en sommes venus à causer Ironman.

Je me suis alors dit que ce serait absolument fantastique de participer à une telle course; puis je suis revenu à la raison en me disant que j’étais loin d’avoir le niveau pour ça. Mais les jours, les semaines, les mois suivants, l’idée a germé dans ma tête. Effectivement je n’avais pas le niveau; là au moment où je cogitais. Mais j’avais l’envie et au fond de moi l’intime conviction que c’était possible avec beaucoup d’abnégation ! Et lorsque j’ai commencé à dire autour de moi que je voulais faire un Ironman, plus j’entendais des phrases du genre : « T’es malade, c’est impossible », ou : « Essaie déjà de faire un triathlon S, après on verra »… Et plus ma motivation décuplait.

Photo de Florian Jouanny avec sa médaille - © BP Reportages - A qui mieux mieux
© BP Reportages

2) Comment t’es tu préparé-tu mentalement, physiquement, hygiène de vie… ? 

Tout d’abord j’ai parlé de ce projet à Jean Ponard, médecin du sport, que j’avais rencontré lors de la présentation des coureurs du GMC38 et qui m’avait dit ce jour là de ne pas hésiter si j’avais besoin d’une aide ou autre notamment par rapport au sport. Nous nous sommes donc vus pour parler de ce défi; il m’a alors été d’une aide immense pour trouver les bons contacts et être accompagné de la meilleure des manières dans la quête de cet Ironman.

A l’époque j’étais étudiant, avec l’université j’ai pu être accompagné par des étudiants en STAPS volontaires pour m’aider dans leurs disciplines respectives.

Ainsi, je pouvais m’entraîner dans de bonnes conditions.

Il a fallu réapprendre à nager, un travail de longue haleine. Pour la petite histoire, j’ai passé des mois à réapprendre le crawl pour me rendre compte deux mois avant la course que ce ne serait pas possible pour moi en eau libre et j’ai donc nagé sur le dos lors de la course.

Photo de Florian Jouanny à la piscine - A qui mieux mieux

Bien évidemment pour s’aligner sur une course de ce format, il faut avoir fait en amont un volume d’entrainement important. Je ne vais pas détailler mes semaines d’entrainement mais oui, je me suis beaucoup entraîné, dans les trois disciplines. D’ailleurs pendant la course je repensais parfois aux longues sorties hivernales, où il m’arrivait de pleurer sur le handbike tellement le froid me saisissait, cette sortie, où pris par une pluie glaciale, en short et tee-shirt; dans un état second, je suis allé dans un village demander à des gens de me couvrir et d’appeler mes parents pour qu’ils viennent me récupérer. Je n’étais plus capable de me servir de mon téléphone à cet instant. Toutes ces séances rudes m’ont préparé physiquement mais surtout psychologiquement à cette course ! Lorsque je repensais à celles ci à Barcelone, je me disais que finalement, ce n’était pas si dur à coté…

Quant à l’hygiène de vie, évidemment, on regarde ce qu’on mange, ce qu’on boit, on essaie de bien dormir…

3) Aujourd’hui, peux-tu nous dire ce que t’a apporté le fait d’avoir terminé l’Ironman ? 

Une grande satisfaction personnelle, ça faisait plus de trois ans que je m’entraînais pour ça… Je savais qu’il y avait une part d’incertitude dans la course, qu’un souci extérieur pouvait survenir à tout moment sans que je puisse y faire quoique ce soit. Mais pour le reste; j’avais tellement la rage au ventre que le fait d’avoir terminé me procure une immense satisfaction. Ça me fait aussi très plaisir pour tous ceux qui ont cru en moi, qui se sont investis; en particulier ma famille ! Mais aussi tous les autres, je pense aux personnes qui ont participé au crowdfunding pour l’achat de mon fauteuil d’athlétisme.

Photo de Florian Jouanny à l'arrivée - © BP Reportages - A qui mieux mieux
© BP Reportages

4) Peux-tu te décrire en 3 adjectifs ? Quelle est ta couleur préférée, et pourquoi ? 

Magnifique, gigantesque, invincible.

Le bleu, pourquoi ? Bonne question, je crois que ça m’inspire une certaine quiétude, une forme de sérénité, le bleu c’est le ciel, la mer…

5) Quelles sont tes autres passions ?

Je suis féru de cinéma, de toutes les époques, j’aime beaucoup le cinéma de Scorsese, Godard, De Palma, Leone, Blier pour n’en citer que quelques-uns !

Et puis je suis un épicurien, j’aime la bonne bouffe et le bon vin; malheureusement la compatibilité avec le sport est limitée… j’adore cuisiner également.

6) Quels autres sports ont ta prédilection ? Es-tu fan/supporter d’une équipe, d’un sportif ? 

J’aime regarder beaucoup de sports, mis à part le football. Je voue une passion particulière pour le cyclisme en général, surtout la route. Je prends beaucoup de plaisir à suivre toute la génération de français qui marche fort en ce moment.

Si je devais en choisir qu’un ce serait Julian Alaphilippe, bien sûr pour ses aptitudes physiques, son punch, mais aussi et surtout sa bonne humeur, la légèreté avec laquelle il aborde les courses, j’adore sa manière de courir, il tente, il attaque, fait le spectacle un peu à l’instar d’un Contador. On en parle moins que certains autres français mais il ne lui manque pas grand chose pour exploser, sans une chute dans la dernière descente aux Jeux à Rio, il aurait été sur la boite et peut être champion olympique, dernièrement aux championnats du monde, il est passé tout près du titre, rattrapé dans les derniers hectomètres.

7) Quelles valeurs et quels principes te tiennent à coeur ?

L’humilité fait partie des valeurs que je respecte le plus, ceux qui se sont dit qui est ce mégalo en lisant mes trois adjectifs comprendront que c’était de l’humour. J’ai horreur des personnes qui en manquent, tout comme j’ai du mal avec les gens qui se plaignent sans cesse. Il faudrait emmener ces personnes faire un stage dans les hôpitaux ou cliniques… Je trouve aussi qu’il est bon de chercher à positiver, remplacer les pensées négatives en essayant d’aller chercher le positif. Ça aide beaucoup dans la vie.

Photo de Florian Jouanny - A qui mieux mieux



8) Si tu étais :

Un bonbon ? Si j’étais un bonbon… je ne suis pas très bonbons alors je dirai plutôt un chocolat.

Une citation ? Une citation, « Roberto, mio palmo ! », j’écoute souvent la BO le matin, j’adore ce film, avec mon ami Rémi, on connait les répliques par cœur.

Un objet ? Un objet, bon, la première chose qui m’est venue à l’esprit n’est pas politiquement correcte, alors disons, des lunettes de soleil, pour profiter des paysages tout en s’ensoleillant.

Une saison ? Une saison, l’automne, pour ses couleurs magnifiques, et le soleil qui reste présent et supportable toute la journée durant !

Une musique ? Une musique, le vent, le cri d’Ennio Morricone; peut être encore mon coté cinéphile, mais au-delà de ça, cette musique est grandiose.

9) As-tu d’autres projets similaires à cet exploit ? 

Je vais de nouveau m’aligner sur un Ironman l’an prochain, sûrement en Italie, à Emilia Romagna avec la volonté de me qualifier pour Hawaï (championnat du monde d’Ironman) dans les prochaines années. Et puis je voudrais me qualifier pour les jeux paralympiques en handbike.

Photo de Florian Jouanny - © BP Reportages - A qui mieux mieux
© BP Reportages

10) Quelle question souhaites-tu poser aux lecteurs/trices de ce blog ?

Connaissez-vous Tétratlétik ?

facebook.com/Tetratletik/

 


Pour découvrir les interviews de mes invités, cliquez ici afin d’accéder à la liste


Une pensée sur “Florian Jouanny”

  1. Le tétratlétik non mais le paracanoé grâce à un autre champion que j’ai eu l’occasion d’inviter à la radio lorsque j’y travaillais…
    Rémi Boullé faisait partie de l’équipe de France de voile contact et lors d’un saut d’entraînement a fait une chute lorsque son parachute s’est mis en torche…
    Rémi fait aujourd’hui partie de l’équipe nationale paralympique et était à Rio où il a terminé au pied du podium pour sa première Olympiade…
    Lui aussi, tout comme Florian me laisse admiratif de cette volonté à vivre avec le handicap, le tout en devenant de merveilleux champions…
    Un immense respect pour toi Florian, si tu souhaites prendre contact avec Rémi, sur facebook sous le pseudo Boulle Boby…
    Plein de bonnes ondes pour le prochain iron 😉

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

wp-puzzle.com logo