Geoffroy Garétier

Photo de Geoffroy Garétier - A qui mieux mieux

Je ne peux commencer ce portrait sans vous donner mon avis, il m’appartient certes mais, je le dis avec conviction et avec le cœur : pour moi, Geoffroy Garétier est le meilleur dans son domaine, celui de la parole belle, libre, sincère pour nous parler du monde si complexe mais tout aussi passionnant que celui du Football…

C’est un journaliste aguerri, à l’humour pétillant, un maître à penser, à écouter, un véritable mentor, un philosophe sans aucun ersatz possible !

Un guide empli de sagesse et de savoir.

Geoffroy Garétier est footballogue, ce talent le rend exceptionnel et unique, sa parole est d’or !

Percutant, réaliste, vrai, touchant, il nous délivre ses convictions avec droiture, emphase, émotion et passion.

Geoffroy Garétier, c’est une magnifique serre d’orchidées rares, intemporelles à admirer inlassablement où l’on écoute avec plaisir la sonate pour piano en si mineur de Franz Liszt…

Je vous laisse vous imprégner des réponses de Geoffroy Garétier…



Petit texte descriptif :

J’ai toujours détesté parler de moi. Je suis quelqu’un qui cherche la vérité comme une forme de paix, en sachant qu‘il ne la trouvera qu’à son dernier souffle. Un journaliste viscéral, viscéralement honnête et travailleur. C’est peu je sais, mais je ne sais pas dire plus.

Photo de Geoffroy Garétier - A qui mieux mieux

1) Qui, quoi, comment a suscité votre vocation ?

Ça remonte à l’enfance. Comme souvent, peut-être même comme toujours, pour susciter une vocation. Un enfant a toujours besoin d’un héros. Au début, le héros c’est le père, pour la plupart des enfants. Mais Papa n’est pas toujours à la maison (il lui arrive de voyager) et on se cherche des héros de substitution. Souvent un chevalier, un guerrier (désolé pour les clichés de genre mais je suis déjà d’une génération ancienne, de ces générations enchantées dirais-je), un bon flic… Mon héros d’enfance, aux origines de ma conscience, était « Thibault le chevalier des croisades ». J’en ai revu des épisodes récemment sur You Tube, ça ne passerait plus trop aujourd’hui 😉

Et il y a le foot. À l’époque (début des années 70), la France est un désert pour le foot de haut-niveau. L’ORTF diffuse en clair sur notre télé en noir et blanc les matches d’une équipe qui deviendra légende : l’Ajax, ce big bang du foot moderne. Ajax contre l’Inter, finale C1 1972, 4-3-3 : Stuy, Suurbier, Krol, Hulshoff, Blankenburg, Neeskens, Haan, Gerry Muhren, Swart (Rep le remplace contre la Juve en finale 73), Keizer, Cruyff. Surtout Cruyff. Membre à vie de mon cercle des Initiés du sport : Eddy Merckx, Mark Spitz, Gareth Edwards et lui, Johan Cruyff.

L’Ajax, ils avaient tout : un maillot sublime, chevaleresque au possible, le nom du club est un mythe à lui seul, un style de jeu précurseur, un look d’enfer… Et Cruyff avait tout en plus que les autres. Dans mon souvenir, il ne joue pas, il vole, un aigle, un génie au sens vrai : qui pense et voit avant les autres et fait mieux que les autres.

J’ai 6, 7, 8 ans, je vois l’Ajax se jouer des Celtic, Atlético, Pana, OM, Arsenal, Benfica, Inter, Real, Juve…

Deux chocs : Ajax – Inter 72 et surtout Ajax – Bayern, 1/4 aller 1973. 4-0. Au-delà des mots pour un gamin de l’époque.

Voilà pour la vocation : raconter les aventures de Johan le Chevalier des croisades modernes.

L’Ajax est mon cri footballistique primal. Le reste, finalement, importe peu.

2) Pouvez-vous nous donner votre définition de « footballogue » ? 

Au sens littéral, le « Footballogue » tient un discours sur le foot. Avec de l’histoire dedans, car le foot a une histoire, le foot EST une histoire, la sienne propre et celle de ses compétitions, qui transcende celles de l’Europe et par extension du monde.

Photo de Geoffroy Garétier - Plateau télé - A qui mieux mieux

Le foot est aussi géographies, identités, économies, sociétés, rêves, il est quasi-religieux donc. Si les anciens joueurs en parlent sur un plan technico-tactique parfois un peu réducteur à mon goût, les autres types d’intervenants doivent être capables d’y apporter ce recul, ces dimensions complémentaires. Et des chiffres bien sûr, les fameuses « stats » qui viennent y placer l’histoire de façon moderne, synthétisée et sans excès.

3) Quel est votre plus grand souvenir journalistique ? 

Il y en a tellement… Les jeux de Barcelone 92 et Atlanta 96, avec en fil rouge le 200 m prodigieux de Michael Johnson. Le grand prix de F1 d’Afrique du Sud 1993, où j’assiste en direct à la poignée de mains entre Prost et Senna qui annonce leur réconciliation. La coupe du monde de rugby 1995 en Afrique du Sud encore, deux mois de pur bonheur. Le Mondial 98 vécu quasiment à domicile, comme Grand Reporter au Journal du Dimanche. Et toutes ces rencontres formidables avec des personnages d’une rare dimension humaine. Un championnat du monde de Christophe Tiozzo où, grâce à l’acteur Dominique Zardi, je rencontre Samuel Fuller qui me parle pendant une heure de sa vision de la boxe et du cinéma.

4) Quels événements sportifs ont foncièrement fait palpiter votre cœur ? 

Tous ceux cités précédemment. L’Euro 2000 gagné par la France où j’ai assisté à chaque match comme spectateur, dont la finale qui reste à ce jour ma plus grande sensation vécue dans un stade. Un genre d’éruption volcanique, une sensation indescriptible.

Sinon chaque match des All Blacks, chaque saison de Ligue des Champions, chaque fois que Federer bat Nadal en finale d’un tournoi du Grand Chelem.

5) Qui admirez-vous ?

Gandhi, De Gaulle, Mandela, Cruyff, Pelé, Messi, Jordan, Maradona, Curie, Pasteur, Jesus, Bouddha, Nietzsche, Nothomb, Kundera… Tous ceux et celles qui, réels ou mythifiés, ont tenté, tentent et tenteront d’arracher l’humanité à sa triste condition.

6) Pouvez-vous vous décrire en 3 adjectifs ? Quelle est votre couleur préférée et pourquoi ? 

Sincère, fidèle, entier, critique. Ça fait 4, rayez la mention inutile.

Le noir n’est pas une couleur au sens strict mais mais c’est ma préférée, car incarnant l’élégance…

7) Quelles sont vos autres passions ?

Ma fille, mon chien, l’amour qui va et vient.



8) Si vous étiez : 

Une saison ? Le premier weekend de février, qui ramène un peu de lumière sous nos latitudes) et l’été indien qui à défaut d’être une saison fixée est ma saison rêvée.

Une citation ? Celle qui me vient spontanément à l’esprit : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on peut le reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui ». Citation de Jonathan Swift en exergue de la Conjuration des Imbéciles, ce livre jubilatoire, énorme, permanent.

Un monument ? Le Generalife de l’Alhambra de Grenade m’a beaucoup marqué. J’espère aller à Angkor un jour.

Une œuvre d’art ? J’ai été victime (consentante) du syndrome de Florence au musée de l’Ermitage à Sankt-Peterburg. J’ai oublié le nom des œuvres ressenties ce jour-là tant elles étaient puissantes. L’art est un voyage au centre de soi, donc au centre de la Terre. La Terre est à la fois œuvre d’art et monument. En péril, même si ce n’est pas le débat.

Un voyage ? Encore une question impossible à résumer en une seule expérience. La Chine d’avant la mutation des années 90, la route n°1 en Californie, un périple au Cap Nord… J’espère connaître un jour le Machu Picchu, la Papouasie Nouvelle-Guinée, le Kamtchatka, les Iles Marquises…

9) Demain, une nouvelle carrière s’offre à vous : dans l’organigramme d’un club pro, quelle fonction choisissez-vous ? (Président, entraîneur, recruteur…) Et pourquoi ?

Président bien sûr. La seule pour laquelle je pourrais avoir des compétences 😉

Photo de Geoffroy Garétier - ©François Bouchon - A qui mieux mieux
©François Bouchon – Le Figaro

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