NnoMan Cadoret

Nnoman Cadoret

NnoMan Cadoret est épris de liberté, de justice et du vrai sens des mots, et des images.

Professionnel, il relate y compris à travers ses photos avec véracité et sens de l’honneur des faits (souvent tus ou montrés différemment) afin que nous puissions nous faire notre propre opinion !

Ses photos sont emplies de vérité, d’humanité dans toute sa violence ou sa fragilité !

Mais, surtout NnoMan Cadoret détient une force d’intelligence qui donne envie de croire en la fraternité !

Je partage sa citation : « Faire tomber les murs »…

Je vous laisse vous imprégner des réponses de NnoMan Cadoret …



Petit texte descriptif :

NnoMan CadoretJe m’appelle NnoMan Cadoret, je suis photo-reporter. En grandissant en banlieue sud parisienne, je trouvais que les médias ne nous donnaient pas assez la parole, et quand ils parlaient de nous, ils le faisaient mal. Ce que je voyais dans les médias ne ressemblait pas à ce que je voyais dehors. Que ce soit sur les banlieues ou sur les violences policières en manifestations notamment. J’ai décidé de me servir de la photo pour montrer cette réalité là. Avec Julien Pitinome et Eros Sana, deux amis photo-reporters, on a créé le Collectif OEIL. Avec le collectif, on fait des reportages en France, et à travers le monde (quand on peut), des interventions dans les écoles, les lycées, et en milieu carcéral. Le collectif édite le magazine Fumigène (crée par Raphäl Yem en 2000), je suis corédacteur en chef photo avec Pitinome. J’ai 28 ans, et je revendique une photographie sociale et engagée, pour mettre en avant celles et ceux qui luttent pour la justice.

1) Qui, quoi, comment t’a permis de découvrir ta passion pour le photo-reportage indépendant ?

J’ai commencé la photo très jeune avec des appareils jetables que je faisais rarement développer à cause du prix. À 18 ans, mon grand père, passionné amateur de photo m’a offert un vieil appareil à lui. J’ai commencé comme ça, avant de me payer mon matos numérique, dans le but de devenir reporter. J’ai toujours voulu être indépendant, tout simplement parce que je déteste qu’on me dise ce que je dois faire, où aller …

2) Que cherches-tu à transmettre ?

Avec mes photos, mes reportages, mes récits, je cherche à mettre en avant celles et ceux qui luttent pour leurs droits, pour plus de justice sociale. J’essaye de porter la voix de celles et ceux que les médias n’écoutent pas, et que les gens entendent peu. Je souhaite confronter les mondes qui se croisent sans se parler, qui se frôlent sans se regarder. Publier une photo de violence policière dans un grand journal par exemple, c’est un enjeux intéressant. On confronte deux regards, deux réalités.

3) Peux-tu te décrire en 3 adjectifs ?

J’essaye d’être le plus cohérent possible … mais ce n’est pas un adjectif si ?
Je crois que je suis révolté et plutôt réservé.

4) As-tu d’autres passions ? Si oui lesquelles ?

Les voyages, mais ça va avec la photo … en ce moment je n’ai pas trop le temps de penser à autre chose que les projets autour de la photo.

5) Si tu n’avais pas été photographe : qu’aurais-tu fait ?

J’aurais bien aimé être prof pour prendre ma revanche sur tous les profs nuls qu’on a en banlieue. J’aurais adoré être un prof cool, le genre de prof qui donne confiance aux élèves, qui les estime. C’est super important les bons profs. Un prof ça peut briser ou sauver une vie … je crois qu’acteur aussi ça me plairait, et j’aimerai vraiment vraiment doubler un personnage de dessin animé… un jour je le ferai.

6) Quelles valeurs, quelles causes te tiennent à cœur ?

L’Humain me tient à cœur. La question de la justice, les causes qui placent l’Humain au centre, et pas les intérêts financiers d’une minorité.
Pour être plus précis, je travaille beaucoup sur les questions de violences policières, et la situation des réfugiés.

7) Quelle est ta couleur préférée ? Et pourquoi ?

J’aime le noir, ça passe avec tout, c’est classe, sobre, discret … ça me va très bien.



NnoMan Cadoret8) Que veux-tu capturer, attraper, saisir à travers tes photos ?

Les émotions : J’aime quand je touche les gens au cœur avec une photo. Si la photo te touche, si tu ressens quelque chose en la regardant, de la peine, du plaisir, de la colère … alors, j’ai réussi ce que je voulais.

9) Un souvenir marquant, une anecdote, une rencontre… ?

Les reportages, c’est une succession d’anecdote. Mais là comme ça, je pense à la fois où j’ai exposé avec mon ami et collègue Julien Pitinome, une expo photo en prison. Nous avons monté une expo photos-textes avec des détenus à l’issue d’une semaine d’ateliers autour de l’image et du magazine Fumigène sur lequel je travaille. On était tous super fier du résultat et au moment de partir, à la fin de la semaine, un détenu nous a dit que grâce à nous, il avait eu le sentiment d’avoir pu respirer pendant une semaine. Quand tu sais qu’ils passent 22h/24 dans une cellule de 9 M² et qu’ils se sont donnés a fond dans le projet de l’expo … c’est un moment fort.
Sinon, il y a des moments moins sympas, quand tu dois aider un bébé de 2 ans qui hurle dans un camp de réfugiés en hiver, ou que la police te frappe pour ne pas que tu fasses de photos en manif…

10) Quelle question souhaites-tu poser aux lecteurs/lectrices de ce blog ?

Si je pouvais aller n’importe où dans le monde pour faire un reportage pour vous, vous voudriez que j’aille où, et pour y faire quoi ?

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2 réponses sur “NnoMan Cadoret”

  1. Bonjour,
    Pour répondre à votre question, je dirai, ce que j’aimerais voir c’est un reportage photo de l’autre côté de la barrière, celles des flics qui se préparent à une manif, ou qui patrouille dans les cités, celles des gardiens de prison, comprendre leur motivation ou leur contradiction… comprendre leur amertume aussi, ils en ont beaucoup en ce moment… bref, comprendre ces hommes et ces femmes qu’on ne voit jamais dans des oeuvres artistiques, mais que lors des sujets des JT. Merci.

  2. En lisant ton interview, NnoMan Cadoret, j’hésite entre « bravo » et « merci ». Bravo pour ton travail photographique censé nous montrer autre chose que « ce-qu’on- veut-bien-nous-montrer ». Ton engagement te fait honneur car, si j’ose dire, il est double : artistique et social… Bravo donc, mais aussi merci, car nous avons grand besoin de vérité. J’avoue que ça donne envie d’aller plus loin avec le collectif Œil et le magazine Fumigène… Je vais donc y faire un tour et te donnerai de mes nouvelles…

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