Philippe Du Janerand

Acteur – Comédien

Il y a dans le regard de Philippe Du Janerand une tendresse qui défie le temps et les incertitudes.

Cet acteur bouleversant, car pétri d’émotions et de vérités joue avec un naturel déconcertant : il est ! et nous sommes avec lui.

Son charme est comme l’air marin du Finistère, embrun poétique, nous sommes saisis par le vent iodé, foulant avec emphase sable gris et salicornes salines.

Tous les registres de la comédie lui vont bien : cet acteur étonne, marque les esprits, nous retient et surtout, nous revient en mémoire réparties, expressions, et son jeu subtil, précis, limpide.

Philippe Du Janerand rafraîchissant, cultivé et authentique est vraiment un comédien déroutant dans toute la positivité de cet adjectif, sa quiétude effervescente, ces passionnantes anecdotes… tout convie à l’aimer sincèrement !

Cet homme en plus d’être un bel acteur est une personne éclairante, et c’est tellement précieux !

Philippe Du Janerand, c’est un cèdre bleu éclatant d’azur, c’est une boîte de craies de couleur, c’est une marelle improvisée et pastel, c’est l’amitié qui s’étend aux 4 coins du monde, c’est les petits plis au coin des yeux quand l’humour et le rire dansent ensemble, c’est croire au bonheur qui arrive sans prévenir, c’est une tarte-aux myrtilles mélange de crème pâtissière et de pensées bleues, c’est contempler tout ce qui peut l’être avec le cœur…

Je vous laisse vous imprégner des réponses de Philippe Du Janerand…



Jamais très grand… toujours moyen : 1m68. Avec l’âge se tassant et se bedonnant. Profil Balzac en ombre chinoise. Pas de calvitie. Poivre et sel. Je ne ferai jamais mon âge. Grains de beauté : collection. Style voie lactée dans le dos. Petits yeux et lunettes Armani. Pour clore le débat : ni beau ni laid.

1) Qui, quoi, comment t’a donné envie de devenir comédien, acteur ?

Très tôt, je savais ce que je voulais faire… acteur, comédien. Une saga familiale qui me menait forcément à une vie différente de beaucoup d’autres. Enfant, j’entendais parler de Jean Vilar, de Louis Jouvet, de Paganini, de Schubert, de Zola, de la République, de l’Italie, Verdi, Puccini, Callas, Tebaldi. Ma grand-mère paternelle m’offrait pour mes 14 ans la Rabouilleuse de Balzac qu’elle lisait le soir à son père pour le tenir éveillé lorsqu’il réparait un œuf de Fabergé dans l’atelier de la rue de Chabrol. Il était lapidaire, joaillier. Il y avait un petit mot : Mon petit Philou : Ne crois jamais en Dieu ! Elle m’a laissé une carte de visite de Jouvet qu’elle connaissait. « Qu’il était grossier » disait-elle en riant. Mais je ne dirai pas que j’ai choisi ce métier pour dire merde !
J’entrais dans le vif du sujet en obtenant un zéro en français. Jamais plus je ne suis retourné aux études lycéennes. J’avais préféré parler de Jean Vilar et de Gérard Philipe plutôt que de disserter sur Voltaire. Mon père peintre me surveilla un temps jusqu’à ce qu’il me dise : si tu ne veux plus aller au lycée, tu dois entrer dans une compagnie théâtrale. Quinze jours plus tard, mon cours d’art dramatique se transformait en Compagnie de l’Alambic, Avenue Maurice Ravel, dans le 12 ième arrondissement de Paris. Six mois plus tard, c’était la première de 4 contes tragiques japonais !
Je jouais. J’avais 17 ans.

2) A quelle époque aurais-tu particulièrement aimé jouer et pourquoi ?

Franchement, je ne me suis jamais posé cette question. Alors je réfléchis. Mais je ne vois pas vraiment… Et puis comme je vieillis, cela fait tant de siècles que je tourne, joue. Disons que la technique s’est évaporée au bénéfice de l’instinct. J’apprends de moins en moins mes textes. Est-ce une évolution ou une paresse certaine ? Il faut dire en chuchotant qu’aussi les textes ne sont plus vraiment bien écrits. Sans doute l’âge d’or des vanneurs…
Je vanne.

3) Quel regard portes-tu sur le cinéma et le théâtre d’aujourd’hui ?

Vaste, très vaste question qui mérite un livre.
Ce que je sais de certain…je ne veux plus m’ennuyer. Je sais ce que l’ennui donne au théâtre: des salles vides. Au cinéma, c’est le film vain qui m’ennuie. Le film qui ne raconte rien. Toujours le problème de la vanne à n’importe quel prix… même à 3 millions d’euros.
Mais bon… il y a tant à dire. J’ai eu la chance de faire le spectre le plus large possible du cinéma en tournant avec de grands talents chacun dans leur genre. Je dirai : de Besson à Haneke en passant par les films de Patrice Leconte et en prenant deux Taxi en passant par les Choristes et les films de Philippe Le Guay. A la télé, j’ai tout fait. Pratiquement.
Ce que je sais, au fin fond, je préfère tourner que jouer au théâtre. Au cinéma, les cons n’ont qu’un temps alors qu’au théâtre, on peut et doit les supporter on ne sait combien de temps !
Ne pas s’ennuyer. Se gaver de plaisir.

4) Dans quel autre domaine aurais-tu aimé travailler ?

Le journalisme m’a toujours attiré. Les journalistes aussi. Et je me prends assez facilement pour Mick Jagger. Le pouvoir du rock.

5) Quelles sont tes autres passions ?

La photo. J’ai fait un peu de presse à un moment de ma vie pour gagner un peu d’argent. Meetings, concerts étaient mon aire de jeu. J’ai abandonné les gros appareils pour la souplesse incroyable d’un iPhone. Disons qu’avec une telle discrétion, je peux ainsi rapporter des choses vues que par moi seul.

© Pascal Chantier

La musique. Tout. J’ai un piano crapaud chez moi qui donne sur le jardin. Le comble du luxe est pour moi qu’une personne en joue le soir venu.

6) Peux-tu te décrire en 3 adjectifs ? Quelle est ta couleur préférée et pourquoi ?

Contemplatif. Moqueur. Attentif.

A part le beige, j’aime toutes les couleurs. Un père peintre m’a appris la multitude et le mélange des nuances des couleurs. L’oiseau de toutes les couleurs !

7) Quelles valeurs, quels principes te tiennent à cœur ? Qu’est-ce qui te construit aujourd’hui ?

Ah les grands mots…
Quelles valeurs… je crois avoir de la morale. Il y a des poignées de mains très dangereuses. Voir l’Histoire. Et il est vrai que l’on ne peut pas rire avec n’importe qui. Je ne veux pas faire de morale.
J’aime la fidélité sans être croyant. J’aime pleurer aux mariages.
J’aime la foule sentimentale.
Je suis sur la pente descendante de la vie. Mes années me sont comptées. J’ai le sens du temps qui passe inexorablement sans être proustien.
Je ne me suis jamais senti si peu immortel. Les réalités sont là devant moi. J’ai la chance d’avoir par mon métier rencontré tellement de monde que je me sens riche et pauvre. Je fais donc avec.

Photo de Philippe Du Janerand sur une valise

8) Si tu étais :

Un repas idéal ? Six huîtres. Un boeuf carotte. Un chèvre sec. Un café liégeois. Une Côte de Roanne rouge.

Un objet ? Mon iPhone

Un animal ? Le chat

Un lieu ? Villefranche sur Mer

Une oeuvre d’art ? 8 ième symphonie de Mahler



9) Quelle est ton actualité récente et quels sont tes projets ?

Nonchalance actuelle. Vu hier soir un spectacle vraiment bien à l’abbaye de Marmoutier. Festivalier à la fin du mois à Espalion pour célébrer le cinéma et cerises de septembre en reprenant deux ou trois tournages dont je ne dirai rien. Et après, après, après… ne rien savoir de l’avenir, c’est ma life !

10) Quelle question souhaites-tu poser aux lecteurs/lectrices de A qui mieux mieux ?

A quelle heure dînez-vous ?

Photo de Philippe Du Janerand avec un verre de vin

Maud Ménès

CEO/Founder/Owner à Aquimieuxmieux.com Directrice de la publication - Rédactrice Web - Journaliste - Conteuse de réalité - Addict écriturière - Révélatrice de vos talents - Chapôteuse.

Une pensée sur “Philippe Du Janerand

  • 11 septembre 2018 à 20 h 48 min
    Permalink

    j’aime cet acteur…je connais depuis longtemps…un sans faute Maud bravo ! et chapeau bas l’artiste !

    Répondre

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

wp-puzzle.com logo

Copie interdite - Les images sont soumises aux droits d'auteurs !

libero Sed luctus libero lectus pulvinar Aenean venenatis,