Sarah Perriez

Sarah Perriez

Je vois « Je suis à fleur de peau » et je ris, je ris tellement que me vient cette évidence, je vais inviter cette comédienne, réalisatrice à l’humour pétillant et tranché dans ma rubrique « Mes invités »…

Car, comme vous le savez désormais je fonctionne aux coups de cœur, à l’intuition !

Les réponses de Sarah Perriez, au parcours original et atypique, sont étincelantes : vous allez adorer; et, j’espère très sincèrement que vous allez regarder le court métrage « Je suis à fleur de peau » et rire tout autant que moi !

Sans oublier de voter : vous avez jusqu’au 15/02/2017 et je suis certaine que vous allez donner votre voix car elle est intelligemment jolie et joliment intelligente !

Je vous laisse vous imprégner des réponses de Sarah Perriez…



Petit texte descriptif :

Bonjour à tou(te)s !

Je porte un manteau vert et des mocassins dorés, j’ai toujours un calepin sur moi pour écrire dès qu’une idée me vient en tête, je raffole des Kinder Bueno, je dévore Harry Potter, je ne pleure pas facilement sauf devant un film (le comble), je suis parfois trop gentille, j’aime le contact avec les gens et je vais facilement vers eux, par contre je suis maniaque.

Je m’appelle Sarah Perriez, j’ai 27 ans, je viens de Nîmes et je suis jeune comédienne !

1) Comment, qui ou quoi a déclenché votre souhait de devenir comédienne ?

Après 7 ans de droit (5 ans à l’Université de Montpellier, 1 an en Espagne à Granada dans le cadre du programme Erasmus, et 1 an de prépa à l’Université Panthéon-Sorbonne à Paris pour tenter le concours de la magistrature), je décide en 2014 d’intégrer la formation « Method Acting Center » de David Barrouk pour me consacrer pleinement à ma passion et faire enfin ce que j’aime vraiment : jouer.

A vrai dire, je n’ai pas l’impression d’avoir été assez bien orientée après l’obtention du Bac ES au Lycée Alphonse Daudet à Nîmes. Comme beaucoup, j’ai suivi amis et famille, sans vraiment réfléchir à ce que je voulais vraiment.

Impossible de me rappeler le jour exact où j’ai pris mon courage à deux mains pour me lancer. Le déclenchement : alors que j’achetais un bouquet de fleurs pour l’anniversaire d’une amie, je suis tombée sur un flyer sur la recherche de figurants/petits rôles pour la série « Face au doute » (M6). A cette époque, je venais de monter sur Paris pour préparer le concours de la magistrature et j’étais encore loin d’imaginer ce qui m’attendait. Je décide de suivre mon intuition et de m’aventurer dans ce milieu qui m’était jusqu’à lors inconnu et je réussis le casting : le premier rôle dans un épisode. Ils ne cherchaient que des amateurs, le scénario n’allait pas révolutionner le cinéma, mais quelle belle et folle expérience ! Je rate ensuite brillamment le concours et décide de ne pas le repasser… Là, débute une nouvelle vie !

Je ne pense pas avoir perdu 7 ans. Certes, j’aurai pu avoir des rôles plus jeunes, jouer une ado en crise existentielle ou une étudiante en crise existentielle aussi (et oui ce fardeau touche tous les âges !). Mais, ce que j’ai acquis au cours de ces études ne peut que m’aider à approfondir mes futurs rôles. L’expérience, ce passé qui nous construit, est en effet un atout majeur dans la composition d’un personnage.

2) Quel rôle de prédilection auriez-vous voulu incarner ?

Quel rôle de prédilection j’aurai voulu incarner ? Je dirai plutôt, aujourd’hui, quels rôles je voudrai incarner.

Jouer une jeune magistrate à l’avenir prometteur me plairait énormément, il s’agirait là d’une sorte de revanche 😉
Vu mon jeune parcours pour l’instant, il y a encore tant de personnages que j’aimerai incarner un jour : une détective en soif d’enquêtes, une femme libertine en manque de repères, une avocate confirmée.

L’actrice britannique et épouse de Tim Burton, Helena Bonham Carter, me fascine par son talent à composer à chaque fois à la perfection ses personnages. J’en profite pour dire que jouer avec Jack Gyllenhaal serait vivre un rêve éveillé (Jack si tu m’entends?).

Quels rôles je voudrai incarner ? Des rôles féminins originaux, ambitieux et créatifs, rôles qui manquent encore cruellement au cinéma français de mon point de vue.

3) À quelle époque auriez-vous particulièrement aimé jouer ? Et pourquoi ?

J’aime par dessus-tout les films en costumes ! Le cinéma nous donne cette chance : retourner en arrière et vivre de nouveau une époque révolue.

J’ai déjà eu la chance de porter perruque et robe imposante à la Marie-Antoinette lors d’un pilote de Jean-Pierre Jeunet au château de Versailles. J’ai aussi dansé sur du Charleston lors des années folles, période menée par une jeunesse pleine d’espoir, qui souhaitait s’amuser, vivre et oublier l’horreur de la première guerre mondiale. Etre distinguée comme dans « Orgueil et préjugés », « Sissi l’impératrice » ou Audrey Hepburn, jouer au cowboy ou à la femme dévouée dans un Western (les décors de la série WestWorld ne peuvent que donner envie non ?), ou encore aborder la place de la femme dans la publicité des années 60 jusqu’à la fin des années 90 (la fée du logis et la libérée), bien des époques m’attirent !

Si je devais faire un choix…cruel choix…et bien…une résistante sous l’occupation pendant la Seconde Guerre Mondiale !

4) Qu’est-ce qui vous a donné envie de réaliser un court métrage, et pourquoi ce sujet ?

J’aime écrire, rêver, je voulais à présent partager mes folles idées ! « Je suis à fleur de peau » est mon premier court métrage humoristique. Je voulais depuis longtemps écrire sur les esthéticiennes et tout ce qu’on peut vivre lors d’une séance d’épilation. C’est encore très tabou, et je trouvais amusant de dévoiler nos petits secrets !

PITCH : Sophie est traumatisée depuis son plus jeune âge : pour des raisons identitaires et religieuses, ses parents lui ont toujours interdit de toucher à ses poils. Malgré les moqueries à l’école, Sophie a toujours obéit à ses parents. Une obsession un peu malsaine s’est alors développée : le scratch. Obsession qui s’est transformée en un véritable toc jusqu’à ne plus supporter le son irritant du scratch. Mais 20 ans plus tard, Sophie décide enfin d’affronter sa peur et d’aller pour la première fois chez l’esthéticienne malgré les principes fondamentaux de ses parents et l’appréhension des bandes de cire.

Je n’avais jusqu’à présent jamais encore réalisé et je ne m’attendais pas à un tel travail, mais quelle inoubliable expérience. Écriture du scénario, repérage des lieux, costumes, casting, équipe technique, location du matériel, découpage technique, post production (montage, étalonnage, mixage) : chaque poste a son importance bien définie et j’ai énormément appris.

Par ce scénario, je cherche tout simplement à faire rire. Trop de courts à l’occasion du Nikon Film Festival sont sur fond tragique ou dramatique. Il ne s’agit pas du nouveau Shakespeare, certes, mais d’un simple court métrage, frais avec une succession d’images dynamiques dans l’idée du « Fabuleux destin d’Amélie Poulain », de Jean-Pierre Jeunet ou « The Grand Budapest Hotel », de Wes Anderson.

Le titre « Je suis à fleur de peau » n’est autre qu’un jeu de mot entre le nom de l’institut « À fleur de peau » et l’angoisse de Sophie qui est à fleur de peau. Se raser était évidemment impossible pour elle vu l’ampleur de la tâche. La douleur vécue lors de la séance oscille en réalité entre la torture de l’épilation (l’esthéticienne très extravertie ne faisant pas attention) et la souffrance vécue face au bruit strident des bandes de cire. Une fois sortie de la cabine, Sophie est soulagée, elle a réussi à affronter sa peur. Mais quand le ticket de caisse raisonne dans la pièce, le toc revient : elle n’est évidemment pas guérie !

Les sons et bruitages ont une grande importance ici : ils nous amènent dans un univers, dans la bulle de Sophie. On ne l’entend pratiquement jamais parler, mais tout se joue sur ses expressions pour la plupart comiques. J’ai donc décidé de l’interpréter. Quant à l’esthéticienne Muriel, elle en devient presque traumatisante par son excentricité. Elle étouffe encore plus la situation par son débit de paroles incessant. Même si Sophie ne l’écoute plus, trop centrée sur sa torture, Muriel apporte cette touche de fraicheur. Elle est drôle sans s’en rendre compte, elle n’a pas peur de se salir jusqu’à en oublier les règles d’hygiène lorsqu’elle sent le bâton de cire ou se mouche les mains pleines de cire (histoires vues et vécues réellement lors d’épilations qui m’ont beaucoup fait rire). J’ai écrit le scénario en pensant à Muriel Biot, une excellente comédienne rencontrée à l’école d’acting. La voix off lors du flash back sur l’enfance de Sophie a également une grande importance, comme dans « Amélie Poulain ». Elle explique les raisons d’un tel traumatisme chez Sophie. J’ai tout de suite pensé à la douce et chaleureuse voix d’Isabelle Auvray qui colle parfaitement à l’univers. J’ai aussi décidé de faire jouer mes deux nièces, Mathilde et Charlotte Perriez ; Mathilde jouant Sophie plus petite, Charlotte la camarade de classe qui se moque à la sortie de l’école. Quoi de mieux que de leur offrir ce joli souvenir de tournage ? Quant aux choix des parents, je n’ai pas hésité : Luis Lagren a une magnifique moustache (bon, il a du malheureusement la couper avant le tournage mais on a recouru au plan B !) et on se ressemble beaucoup avec Stéphanie Crosa ! Deux comédiens en or, en qui j’ai entièrement confiance, qui ont su se lâcher lors des prises et nous faire rire. J’ai enfin souhaité que mon amie Faustine compose une nouvelle chanson avec ses musiciens Théo de Hond et Marion Elan Trigo pour le générique de fin. Vous trouverez ci-joint le lien de la chanson en entier ( https://soundcloud.com/sarah-perriez/toc-toc-faustine ).

Il s’agit d’un court métrage humoristique. Mais il traite aussi de la relation entre les parents et leurs enfants, de l’impact que peut avoir certaines décisions sur l’enfant. Il faut savoir adapter ses principes avec son temps, c’est écouter l’enfant et le comprendre. Or, Sophie n’a
pas eu le choix, ce qui a eu un impact sur son avenir.

J’en profite pour remercier de nouveau les comédiens et l’équipe technique pour le merveilleux travail réalisé et pour s’être investi autant. Sur le tournage, Hugo Levacher, Kévin Lomprez, Anais Corno, Philippe Belloteau, Vincent Paté, Edouard Flandin et Théophile Dreyfus ; Eliott Doyle, Gildas Prechac et Ludo de Gaillande à la post-production. Sans eux, le film n’existerait pas !

5) Que voulez-vous transmettre, que cherchez vous à partager à travers la comédie ?

Dans un monde irrité et perturbé par les changements géopolitiques, c’est une véritable chance de pouvoir créer, mettre en scène et raconter pour que, le temps d’une histoire, le spectateur laisse de coté ses tracas quotidiens, s’oublie, et rit.

A travers la comédie, nous cherchons tous à enfouir certaines douleurs plus ou moins fortes, à nous évader pour rencontrer ce sentiment d’euphorie et de bonheur. La comédie fonctionne sur le registre de l’humour, mais l’humour (l’humeur) est subjectif. On comprend l’adage « on peut rire de tout mais pas avec n’importe qui » comme ce qui est drôle pour l’un apparaît comme le summum de la bêtise pour l’autre. Je ne vous apprends rien en rappelant que l’humour varie selon la personnalité, les principes et les gouts de chacun. « Je suis à fleur de peau » n’a donc évidemment pas plu à tout le monde, s’agissant ici d’un humour très « second degré » à prendre avec du recul.

La comédie évolue à travers les époques, elle se veut désormais de plus en plus noire, directe. J’aime le franc-parler, j’aime l’autodérision, que ça déplaise à certains. L’humour anglais en est un parfait exemple, à la fois grave et grotesque, j’adore !

6) Dans quel autre domaine auriez-vous aimé travailler ?

L’événementiel, la mode ou bien ouvrir un bar avec des projections à thèmes!

7) Quelles sont vos autres passions ?

La pétanque et le pastis ? Pardon mes origines nîmoises remontent à la surface ! 😉

En dehors du cinéma et du théâtre, j’aime par dessus-tout voyager. Après voir visité de nombreux pays européens, j’ai eu la chance d’aller en Birmanie l’été dernier et à Zanzibar il y a quelques années pour un voyage humanitaire avec l’association Sungu Sungu. Au risque de paraître fleur bleue, il n’y a pas de plus belle et enrichissante expérience que de visiter le reste du monde. C’est aussi en voyageant qu’on découvre d’autres peuples et qu’on construit de nouveaux personnages. Mon prochain voyage ? New York, un rêve d’enfant que j’ai hâte d’assouvir !

En contradiction, j’aime aussi notre chère et tendre société de consommation (un peu d’ironie ici bien sur) : j’adore la mode (Les petits hauts, Sessun, Cos) même si je me déteste de craquer à chaque fois !

J’aime enfin la musique et la danse : j’ai fait plusieurs années de danse classique et modern jazz, je m’aventure à présent au Tango et au Yoga (une certaine forme de danse me semble t-il) ! Ces deux formes d’expression inspirent et donnent toujours lieu à de nouvelles créations.



8) Pouvez-vous vous décrire en 3 adjectifs ?

Tolérante, Souriante, Avec une grande imagination débordante, Impatiente (à oui, seulement 3 adjectifs…)!

9) Quelle est votre couleur préférée ? Et pourquoi ?

Le vert, parce qu’il ressort avec mes yeux ? Peut mieux faire… Le vert, parce que c’est une couleur pure, associée au monde végétal, à la nature, malheureusement peu ou mal portée je trouve ! Le vert, parce que c’est apaisant et rafraîchissant.

Cette couleur serait désormais bannie des théâtres : Molière serait en effet mort sur scène en portant un vêtement vert. Comme vous le savez, j’ai un manteau vert, espérons que je ne subirai pas le même sort…!

10) Quelle question voulez-vous poser aux lecteurs/lectrices de ce blog ?

Etes-vous heureux ? Si vous ne savez pas y répondre, je vous invite à visionner « Je suis à fleur de peau » (http://www.festivalnikon.fr/video/2016/3063 ) et vous relativiserez 😉

Sarah Perriez – Bande démo 2017

http://sarah-perriez.format.com

Court métrage à soutenir « Je suis à fleur de peau »

http://www.festivalnikon.fr/video/2016/3063


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2 réponses sur “Sarah Perriez”

  1. Une comédienne géniale et attachante, des réponses pleine de pep’s une artiste à suivre merci beaucoup pour cette interview je suis ravi de la découvrir. Sarah Perriez continuez comme ça vous semblez être une personne pleine d e vie drôle et très attachante. Merci Maud de cette découverte je sais je me répète mais c’est important. Il faut toujours suivre ses rêves et rêver pour les réaliser. Pour répondre à sa question Oui je suis heureux !

    1. Je suis vraiment heureuse que Sarah Perriez ait accepté tant la découverte de son court métrage a motivé cette demande d’interview ! Cette jeune femme talentueuse au parcours original est un enchantement véritable ! Merci Kairos pour ton commentaire fort plaisant, tes mots sont des cadeaux…

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