Yves Carchon

Yves Carchon est un auteur, un noteur et un moteur !

En effet, il détient la connaissance, le savoir et l’intelligence.

Il sait assembler les mots afin de nous surprendre, et l’étonnement est à la mesure de son infini talent !

Écrire est pour Yves Carchon, une évidence pure et limpide, à l’imagination fertile, et sa force est de nous emmener avec lui et, on ne peut que marcher dans ses pas…

Cet homme instruit, passionnant et à l’humanité resplendissante, donne et redonne au mot Solidarité une place entière et pleine !

L’admiration que je lui voue est en accord avec ma volonté de voir que l’écriture poétique, narrative, d’enseignement (…) est une plume à saisir afin d’apprendre au jour le jour.

Manier la langue de Molière est, chez ce formidable écrivain une belle leçon, y compris d’histoire, n’hésitons pas à nous en enrichir !

Je vous laisse vous imprégner des réponses de Yves Carchon…



Petit texte descriptif :

S’est consacré pendant longtemps à une monomanie : écrire. Aujourd’hui, il tente de limiter la casse. Entre la rédaction de deux polars, il cultive son jardin, levant parfois les yeux au ciel pour regarder passer les oies sauvages…

1) Qui, quoi, comment a déclenché ton envie de devenir auteur ?

Sans doute le goût de lire et voyager. Le fait d’avoir trouvé très vite dans la lecture la plus certaine façon de m’évader. De quoi ? De ma condition d’être humain, plombé par ses besoins et ses désirs… J’étais plutôt rêveur, enfant. En me plongeant dans la lecture, je me débarrassais de la pesanteur d’être né. En lisant, je volais et voyageais très loin. Devenir un oiseau migrateur était déjà pas mal pour moi ! Mes lectures m’ont mené à de nombreux voyages. En voyageant, lisant, je me suis dit que j’écrirai un jour pour le lecteur que j’avais été. En somme, je continuerai à voler, mais cette fois-là en traçant seul le chemin ! Il se fait qu’en chemin d’autres ont voulu faire partie du voyage (je crois qu’on les appelle des lecteurs ! )… Voilà, je crois que c’est ainsi que l’on devient « auteur ». Auteur de crimes, entre autres, mais par procuration !

2) Si tu devais te décrire en 3 adjectifs ?

Intègre, résistant, moqueur (comme l’oiseau !)

3) Quelle est ta couleur préférée ? Et pourquoi ?

J’aime toutes les couleurs vives, les coloristes… Le rouge et le noir. Le rouge Carmen, le noir polar !

4) Quels voyages, quels pays se rapprochent le plus du monde du polar ?

Ce sera un pays dans une situation critique. Exemple, le Chili de Pinochet. Là, tu peux écrire un polar. Ou l’Espagne de Franco. Ou la France de Le Pen (Là, ce serait très dur !) En fait, à l’endroit où violence, crime, inhumanité couvent et macèrent, où une situation dans un pays est devenue paroxystique… Mais en fait, quand t’écris, tu inventes un pays… Tu te trouves à Lisbonne, par exemple, ou dans le quartier juif de Gérone…Tu notes mentalement des choses ici ou là, dans les ruelles, tout à ta déambulation… Après, rentré chez toi, tu te mets à écrire. Et tu situes l’histoire, tiens, dans le vieux Gérone ! Mais ton Gérone n’est plus Gérone, c’est autre chose ! C’est une rue, une maison, un jardin à Gérone, qui sera au début du polar ou à la fin, enfin comme un élément qui importe à l’intrigue…le reste, même si tu nommes des endroits existants, sera littérature. Une Gérone inventée…

5) Ton roman «Riquet m’a tuer» fait-il référence à «Riquet à la houppe» ?

Pas du tout, encore que… J’ai lu dans une biographie écrite par une descendante de Pierre-Paul Riquet, fondateur du Canal du Midi, que Perrault le conteur se serait moqué de lui à travers son conte « Riquet à la houppe » … Il est vrai que Perrault et P-P R se sont rencontrés à la Cour… En quels termes étaient-ils ? Mystère. Tout est mystère d’ailleurs en ce bas-monde. Sais-tu, Maud, par exemple, comment vit ta voisine ? Je veux dire : réellement ? Non, bien sûr. Eh bien voilà, tu tiens là une idée de polar ! L’idée de départ de Riquet m’a tuer était d’évoquer la grande aventure du Canal du Midi à travers un polar. J’avais un vague souvenir des canaux du Nord chers à Simenon… Je savais que les eaux sont porteuses de rêve…C’est à partir des écluses de Castelnaudary qu’a démarré l’intrigue du roman… Et c’est vraiment à l’écluse de la Criminelle, qui existe bel et bien, que Doyle et Poe m’ont lancé leurs œillades ! Là j’ai senti le doux frémissement d’un bouquin à écrire…

6) L’écriture est : une aventure ? Une nourriture ? Une … ?

L’écriture est une aventure, à coup sûr, exaltante ! Mais aussi une folie ! Et le plus fou, c’est que tu finis par embarquer tes lecteurs dans ta propre folie ! Tu leur racontes une histoire et eux en redemandent (enfin, quand ils aiment ton roman…) Ils marchent dans une histoire que tu as inventée de toute pièce ! Parfois, ils te disent même ce que tu as mis dans ton roman ! Ils lisent parfois un livre que tu n’as pas écrit, parce qu’ils l’ont récréé, ton livre, et qu’ils sont devenus à demi-créateurs ! Une folie tienne devenue collective !

7) Quels pouvoirs et quelles vertus crois-tu que les livres possèdent ?

Les livres ont le pouvoir de créer un lien véritable entre les frères humains. En écrivant, tu touches à l’humaine condition et donc tu reconnais les autres et eux te reconnaissent. Les livres peuvent guérir aussi, du rejet de l’autre comme de la solitude… S’ils ne peuvent pas changer le monde, il leur arrive de changer les gens, leur perception du monde, de les ouvrir à des questionnements profonds sur eux-mêmes et la vie… Gamin, puis jeune adulte, les livres m’ont sauvé. Rimbaud et Kerouac – d’autres bien sûr – m’ont fait comprendre que les « semelles de vent » me porteraient très loin si je savais partir. Il faut partir. Voyager seul pendant un an devrait être une obligation dans le cursus scolaire…



8) Si tu devais vivre dans un livre lequel choisirais tu ? Et quels sont tes livres de chevet ?

Ah, j’ai longtemps aimé Dostoiëvski ! Me balader dans son immense roman l’Idiot, ça oui, en compagnie du Prince Mychkine ou côtoyer William Wilson, héros de la superbe nouvelle du grand Edgar Poe ! Quant aux 3 choix, c’est impossible ! C’est l’histoire de l’île déserte ! Comment choisir entre Céline, Faulkner et Tchekov ? Tiens, au hasard, ça fait juste trois !

9) Selon toi, quel film aurait pu être un livre incroyable ?

Aucun. À l’inverse, les livres portés à l’écran sont souvent une catastrophe. Peut-être Barry Lindon, mais le film est déjà littéraire dans sa forme ! Cela dit, ce sont deux écritures, plutôt distinctes. Elles se rejoignent quand Godard dit : Un plan (de cinéma) est affaire de Morale. Eh bien, on peut aussi le dire d’une phrase !

10) Quelle question as-tu envie de poser aux personnes venant sur ce blog ?

Si j’étais kidnappé pour m’être rendu coupable d’avoir écrit 3 malheureux polars, paieriez-vous une rançon pour me sortir des griffes des malfrats ?

Site internet

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Pour commander le livre ⇒ http://www.editions-cairn.fr/le-catalogue/955-riquet-m-a-tuer-9782350685755.html


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